Le 9ème art : La Bande Dessinée

Les précurseurs

Au XIXème siècle, la littérature enfantine est déjà bien avancée. De plus en plus d’enfants savent lire et disposent de livres adaptés à leur âge, toujours plus nombreux. Le premier journal français pour enfants, intitulé Journal des jeunes personnes, paraît en 1832. Les journaux pour la jeunesse de l’époque sont constitués essentiellement de textes (romans, nouvelles, contes) agrémentés d’images. A la même époque, dans la presse pour adultes, se développe le dessin humoristique ou satirique. Il s’agit souvent d’un récit muet en images.

« Les dessins, sans le texte, n’auraient qu’une signification obscure ; le texte, sans les dessins, ne signifierait rien. Le tout ensemble forme une sorte de roman d’autant plus original qu’il ne ressemble pas mieux à un roman qu’à autre chose ».

Ainsi s’exprime, en 1825, Rodolphe Töpffer, le père de la bande dessinée. Maître de pensionnat à Genève, il écrit pour ses élèves l’Histoire de M. Jabot, un récit humoristique illustré d’une suite logique de dessins. Suivent d’autres histoires en images, dont Le Docteur Festus, Monsieur Cryptomane et Monsieur Vieux Bois. Le succès est immédiat. Premier auteur de bandes dessinées, Töpffer est aussi le premier théoricien de cet art qu’il défend et dont il pressent tout le potentiel.

En Allemagne en 1860, Wilhelm Bush met en images l’histoire d’une souris qui perturbe le repos des braves gens. Mais ce sont les aventures de deux garnements, Max und Moritz, qui laisseront son nom à la postérité.

En France, en 1889, Georges Colomb, alias Christophe, créateur de la Famille Fenouillard et du Savant Cosinus, enrichit le langage de la BD et invente de nouvelles techniques de narration, comme la vue plongée et le « travelling ».

En 1896, dans le quotidien américain le New york World de Joseph Pulitzer, Richard Felton Outcault fait parler son personnage, le Yellow Kid, en utilisant  des phylactères, ces « bulles » qui contiennent les textes. L’année suivante, les Katzenjammer Kids de Rudolph Dirks (Pim Pam Poum en français) font leurs premières bêtises dans le New York Journal de William Randolph Hearst. La BD moderne est en train de naître !

Au début du XXème siècle, en Europe, les journaux destinés à la jeunesse se multiplient. Ils accordent une place importante à ce nouveau moyen d’expression qu’est la bande dessinée. En France, on appelle ces journaux des « illustrés ». Les premières bandes dessinées racontent une histoire grâce à un texte placé sous chaque case. L’usage des bulles contenant les dialogues va se développer progressivement. Certaines séries connaissent un grand succès populaire. C’est le cas de Bécassine, une jeune domestique naïve dessinée par Pinchon à partir de 1905 dans La Semaine de Suzette. Ses aventures sont en couleur, dans une mise en page inventive. Bécassine est la première bande dessinée publiée en longue série d’albums.

Les Pieds nickelés, trio d’escrocs sympathiques créé par Louis Forton, apparaissent dans L’Epatant en 1908. Forton utilise parfois la bulle, mais il reste une exception. En 1935, dans Dimanche-Illustré, Alain Saint-Ogan imagine Zig et Puce, deux gamins espiègles et débrouillards qui courent le monde en compagnie de leur pingouin Alfred. Marqué par la BD américaine où la bulle est très présente, Saint-Ogan l’introduit de manière systématique. Il ne va pas tarder à influencer un certain Georges Remi, futur créateur de Tintin et qui signera d’un pseudonyme : Hergé…

Popularisée à la toute fin de ce siècle dans les journaux américains sous la forme du comic strip, la bande dessinée devient alors un médium de masse, assez diversifié aux États-Unis, de plus en plus restreint à l’humour et aux enfants en Europe.

Dominant de plus en plus la presse enfantine mondiale, via des périodiques spécialisés à partir des années 1930, la bande dessinée touche également les adolescents et certains adultes, dans le cadre du comic book et de strips de qualité aux États-Unis, des « petits formats » en Europe. À partir des années 1950, elle connaît un troisième foyer de développement majeur lorsque le Japon se met à en créer massivement sous l’influence d’Osamu Tezuka. Les trois foyers sont alors relativement indépendants, tant dans les œuvres publiées que dans les structures éditoriales, seul le foyer américain pénétrant les deux autres.

  1. Les précurseurs
  2. La bande dessinée européenne : berceau du 9ème art
  3. La bande dessinée américaine : Les comics
  4. La bande dessinée japonaise : Les mangas

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