PEARL (2022) de Ti West : « La déraison dans la prairie »

Résumé : Pearl habite dans la ferme familiale en pleine campagne où elle doit s’occuper de son père invalide tout en supportant une mère autoritaire. La jeune fille se sent piégée et isolée. Elle rêve d’une vie glamour dans les films qu’elle regarde. Une série d’évènements va doucement la faire sombrer.

Sous le regard autoritaire de sa mère dévote, Pearl déchante quand ses illusions se perdent. Son rictus au dernier plan, l’un des plus abominables du cinéma de pure fiction, l’atteste. Pearl n’aime pas être contrariée. Son imagination déborde ses facultés, elle qui exècre cette société puritaine symbolisée par une mère autoritaire et moralisatrice. Le père n’est plus qu’un légume qui végète devant les insinuations imaginatives de Pearl.

Comment Pearl devient-elle cette psychopathe ? Elle , qui a échappé au fléau de la grippe espagnole, qui n’a qu’un seul désir, devenir la « Chorus Girl » dans la « Chorus Line » et décrocher un rôle au cinéma, désir d’autant plus exalté  quand elle rencontre un jeune projectionniste  qui tente de remplacer dans le cœur de la jeune fille, le mari mobilisé sur les champs de bataille en Europe.  Irritée parce que sa belle sœur « beaucoup plus jeune et blonde » qu’elle soit choisie pour le concours de danse, elle décide de pourrir la vie à son entourage. Nul ne peut arrêter la folie criminelle de la jeune femme.  Son émancipation brimée , face à l’incompréhension et la putréfaction d’une époque, Pearl (jouée par Mia Goth, une actrice exceptionnelle) provoque un jeu de massacre.

Relayé par une mise en scène qui n’hésite pas à évoquer les plus beaux songes en technicolor, (la danse avec l’épouvantail cite trivialement le « Magicien d’Oz »), et  profitant d’une belle photographie ensoleillée, le film de Ti West restitue le charme désuet des films muets de Frank Borzage, s’aidant de films clandestins pour dénoncer  l’hypocrisie des valeurs et la violence gratuite issue de la Première Guerre mondiale.

Le film sera présenté en ouverture de la « Nuit de l’angoisse », ce 28  octobre à  18 heures dans l’auditorium de la médiathèque.

Voir aussi : « Johnny got his Gun (1971) de Dalton Trumbo (FA TRU)

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