« Quand le cerveau devient masculin » par Jacques Balthazart

Il y a quelques années, une championne sud-africaine a suscité la confusion dans le monde du sport : Caster Semenya pouvait-elle encore concourir en tant que femme, vu son très haut degré de masculinité hormonale ? Alors qu’est-ce qui fait l’identité sexuelle ? Est-ce un phénomène biologique ou culturel ? Et y a-t-il des différences psychologiques entre les sexes ? Jacques Balthazart, spécialiste des hormones cérébrales, nous explique où en est la recherche scientifique sur ces questions controversées. À partir de nombreuses études et analyses statistiques, il démontre que la sexuation se fonde en partie sur l’identité génétique, en partie sur les organes reproducteurs, en partie sur le conditionnement culturel et social, et beaucoup en fonction des hormones sexuelles qui très tôt, dès le stade embryonnaire, irriguent l’organisme et en particulier le cerveau. Si les hommes et les femmes ont des capacités très semblables, il n’empêche qu’il subsiste certaines différences qui apparaissent à la marge, quand on considère les extrêmes. Ainsi la grande majorité des bègues, des autistes, des dyslexiques et des délinquants criminels sont-ils des hommes.

Quant à l’homosexualité, elle apparait dans toutes les sociétés avec la même fréquence, ce qui fait penser à une cause génétique. La seule question sur laquelle l’auteur ne s’attarde pas, c’est celle de la sexuation psychologique des homosexuel(le)s, faute d’études suffisantes. Un travail de fond pour tâcher de garder un minimum d’objectivité dans un débat devenue hautement politisé.

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