Mickey 17, de Bong Joon-ho

Héros malgré lui, Mickey Barnes se tue à la tâche… littéralement ! Car c’est ce qu’exige de lui son entreprise : mourir régulièrement pour gagner sa vie.

Le concept de réincarnation est un thème vieux comme le monde, et on le retrouve dans nombre d’œuvres de fiction. Particulièrement adapté aux univers de jeux-vidéos, il reste toutefois relativement discret au cinéma. Pourtant, il permet de raconter bien des choses et le réalisateur de Parasite l’a bien compris.

Dans un futur pas si éloigné, l’humanité a soudainement découvert le moyen de cloner et transmettre la conscience d’individus… et forcément, ça met un beau bordel. Soucieux d’éviter un incident (qui ne tarde pas à venir), les différents États s’empressent d’interdire le procédé, avant que le Capitalisme ne vienne mettre sa grosse patte dessus. Et nous avons là l’un des premiers thèmes du film. Que ce soit par son méchant caricatural ou par son héros malmené, le film nous pousse à nous demander qu’est-ce que l’on peut être prêt à vendre pour une entité un million de fois plus grosse que soi et qui peine à nous reconnaître.
Si c’est là le cœur du film, ce dernier n’oublie pas d’aborder d’autres points tout aussi important, sinon plus. L’identité, la personnalité, l’amour, bref, tout ce qui fait des êtres humains ce qu’ils sont.

Et cette précision est importante, car Mickey 17 est surtout un film de science-fiction, avec tout ce que le terme peut faire imaginer. Sans aller trop loin pour ne pas gâcher les futurs visionnages, l’histoire contient l’exploration d’une nouvelle zone totalement inconnue, et tout ce que cela implique dans une œuvre très critique de l’époque dans laquelle elle a été réalisée.
Le film se paye le luxe de s’inscrire dans un humour ironique grinçant, parfois malsain, qui fait autant rire que mettre mal à l’aise. Jamais dans l’excès (peut-être à défaut ?), il reste toutefois des scènes dérangeantes. Pour le mieux ou le pire, à vous de choisir.

Malgré une durée conséquente, on peut regretter qu’il y ait, en plus du reste, quelques thèmes explorés mais pas jusqu’à leur finalité. De plus, le film semble parfois se « rappeler » qu’il avait oublié de préciser un détail important et le pose comme ça, sans prévenir. En somme, une critique serait de dire « on en a pas eu assez ».

Si le message peut se faire si clair qu’on en viendrait à cligner des yeux, Mickey 17 reste une œuvre dans laquelle il est facile de se plonger pour l’accompagner dans un voyage captivant, mais gardant ce détail amer nous forçant à garder les pieds sur terre. Préparez votre tenue, saluez Mickey, mettez vos affaires en ordres, prenez votre arme, saluez Mickey, rencontrez l’âme sœur et surtout, saluez Mickey !

Laisser un commentaire

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

En savoir plus sur Les carnets d'exploration

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture