
« De ces nuits et de ces vies, de ces femmes qui courent, de ces cœurs qui luttent, de ces instants qui sont si accablants qu’ils ne rentrent pas dans la mesure du temps, il a fallu faire quelque chose. Il y a l’impossibilité de la vérité entière à chaque page mais la quête désespérée d’une justesse au plus près de la vie, de la nuit, du cœur, du corps, de l’esprit.
De ces trois femmes, il a fallu commencer par la première, celle qui vient d’avoir vingt-cinq ans quand elle court et qui est la seule à être encore en vie aujourd’hui.
Cette femme, c’est moi. »
La nuit au cœur entrelace trois histoires de femmes victimes de la violence de leur compagnon. Sur le fil entre force et humilité, Nathacha Appanah scrute l’énigme insupportable du féminicide conjugal, quand la nuit noire prend la place de l’amour.
J’ai été très touchée par ce titre qui est autant un témoignage dans lequel l’autrice raconte son expérience personnelle des violences conjugales qu’un espace de mémoire pour les deux victimes de féminicides dont il est question.
Plus qu’une enquête, c’est une quête que l’auteure a menée pour retrouver par le langage la jeune femme sous emprise qu’elle a été, au même titre que ces deux femmes. On comprend très bien sa démarche qui consiste à remettre des mots sur leurs existences, leurs vécus, leurs familles, les choses qu’elles aimaient, pour les faire sortir de l’invisibilisation, pour qu’elles continuent d’exister malgré la tentative de leurs assassins de les effacer par le meurtre.
J’ai complétement adhéré à cette démarche littéraire, et son style et sa forme m’ont beaucoup marqué.



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