
C’est l’histoire d’un jour de solstice d’été au milieu de nulle part. C’est l’histoire de deux jeunes types qui zonent sur le parking d’un supermarché dans une vieille Clio, à se chambrer et à enchaîner les bières et les joints. C’est l’histoire d’un médecin, dont la vie rangée et la famille modèle, construites dans une obsession de réussite, volent en éclats, un homme éméché qui ressasse, impuissant, ses échecs et s’enferme peu à peu dans un monologue paranoïaque et délirant.
C’est une histoire tragique très simple, mais amenée de manière singulière. On nous plonge dans la psychologie des personnages, avec leurs aspirations, leurs pensées, leurs craintes, leur violence aussi. Tout cela sur une soirée décisive, qui nous montre à quel point tout peut basculer très rapidement.
C’est un livre vraiment original, de part son style. On y trouve en effet de très longues phrases, avec des dialogues qui ne sont pas identifiés comme tels, comme on en a l’habitude. Ce rythme inhabituel peut être assez déstabilisant au début. Mais la beauté de l’écriture nous permet de surmonter cela rapidement. Célestin de Meeûs a auparavant écrit des ouvrages de poésie, et cela se sent. Ses envolées lyriques sur le monde et le sens de la vie sont sublimes. Et elles sont en parfait équilibre avec la tension qui monte crescendo entre deux protagonistes, deux univers différents qui vont se heurter avec brutalité.
Prix Stanislas du Meilleur premier roman de la rentrée littéraire 2024.



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