
Parmi les méconnus du classique, il y a Cécile Chaminade (1857-1944). Compositrice accomplie, pianiste virtuose, mélodiste inspirée du XIXe siècle et pour une fois, c’est une femme ! Il est étonnant que les féministes n’en aient jamais fait un symbole.
Cécile Chaminade est née à Paris dans un milieu bourgeois. Elle commença à composer dès l’âge de huit ans. Bizet, qui l’appelait « mon petit Mozart », la remarqua et supplia ses parents de lui donner une formation artistique. Comme son père s’opposait à son entrée au Conservatoire (« Dans la bourgeoisie, les filles sont destinées à être épouses et mères »), elle reçut des cours privés et c’est ainsi qu’elle apprit le violon, l’harmonie, la composition et même la direction d’orchestre. Elle passa dès lors sa vie à composer et à tourner dans le monde entier, en particulier en Angleterre où elle était très populaire et où la reine Victoria l’invitait à Windsor à chacun de ses passages.
Très faciles d’accès, ses pièces pour piano sont enjouées et d’une grâce incomparable. Son jeu est brillant mais sait rester simple. C’est une musique de salon, rafraîchissante et typiquement romantique qui fut paradoxalement mieux appréciée des Anglo-Saxons que des Français. Sa virtuosité n’est jamais gratuite, mais toujours au service d’une idée musicale. Son style peut être rapproché de Liszt, Chopin et Fauré. Elle a produit une centaine de mélodies, de la musique de chambre, un opéra-comique (La Sévillane), un ballet et une symphonie avec chœurs intitulée Les Amazones.
Le 7 novembre 1908, elle débute aux États-Unis avec l’orchestre de Philadelphie. Mais, quelques années plus tard, la Première guerre mondiale éclate et, pour survivre, Cécile Chaminade doit accepter la direction d’un hôtel, abandonnant complètement la musique. Épuisée par des courses incessantes, elle devra être amputée d’un pied et c’est ainsi qu’elle se retirera à Monte-Carlo où elle mourut, presque oubliée, le 13 avril 1944. Elle est enterrée au cimetière de Passy. Découvrez Cécile Chaminade !



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