Nous allons tous très bien, merci, Daryl Gregory

Il y a d’abord Harrison, qui, adolescent, a échappé à une telle horreur qu’on en a fait un héros de romans. Et puis Stan, sauvé des griffes d’une abomination familiale l’ayant pour partie dévoré vif. Barbara, bien sûr, qui a croisé le chemin du plus infâme des tueurs en série et semble convaincue que ce dernier a gravé sur ses os les motifs d’un secret indicible. La jeune et belle Greta, aussi, qui a fui les mystères d’une révélation eschatologique et pense conserver sur son corps scarifié la clé desdits mystères. Et puis il y a Martin, Martin qui jamais n’enlève ses énormes lunettes noires. Tous participent à un groupe de parole animé par le Dr Jan Sayer. Tous feront face à l’abomination, affronteront le monstre qui sommeille en eux et découvriront que le monstre en question n’est pas toujours celui qu’on croit.

Un roman très original puisque, au lieu de mettre en scène chacune des terribles épreuves vécues par ses personnages, il raconte leur histoire une fois leur épreuve terminée, plusieurs années après les événements traumatiques qui justifient leur présence dans ce groupe de paroles.

J’ai été particulièrement captivé par la polyphonie narrative qui nous donne accès aux pensées et aux réactions de chacun des personnages, au cours de leur réunion comme dans leur vie privée. Ils sont tous développés avec soin, et possèdent des traits de caractère qui nous les rendent ou sympathiques, ou complétement antipathiques.

Cette alternance de voix donne son rythme tout particulier à l’intrigue, et nous tient en haleine du début à la fin.

Si vous vous êtes toujours demandé ce que devenait le héros après avoir survécu au film d’horreur, vous allez adorer ce livre !

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