
Dans les landes sauvages de Bretagne, Jeanne Tanguy n’a jamais eu le droit de rêver. Maltraitée par une mère cruelle, elle lutte chaque jour pour protéger sa petite sœur.
Cette nuit-là, sur les falaises, la tempête hurle et Jeanne tient la lanterne qui condamnera un navire anglais. Avec les femmes du village, elle attire le bâtiment sur les récifs, prête à piller pour survivre.
Quand la coque se brise, ce n’est pas de l’or qu’elle trouve dans les flots noirs, mais un homme. Un officier anglais : James, le regard clair dans le tumulte, un sourire étrange au bord de la mort, une présence qui la trouble autant qu’elle la menace. Dans ce face-à-face suspendu entre le fracas des vagues et l’odeur du sang, Jeanne fait un choix irréversible. Elle frappe. Elle tue.
Elle croit l’avoir laissé aux ténèbres. Mais bientôt, la voix de James résonne dans sa tête. Ironique, insistante, trop vivante pour un mort. En l’abattant, Jeanne a réveillé autre chose en elle : le pouvoir d’une Absorbeuse, capable de retenir l’âme et la magie de ceux qu’elle envoie à la mort.
Prise entre la misère de son village, la guerre contre les Anglais et ce lien forcé avec un ennemi dont elle dépend, Jeanne est projetée dans un monde de forteresses invisibles, de mages et de complots. Et ce naufrage n’est que le premier.
J’ai adoré la façon dont Maïwenn Alix a mélangé aventure historique, fantasy, folklore breton et romance. L’univers est riche sans perdre de vue ses personnages, et la magie s’intègre naturellement à cette Bretagne balayée par les guerres napoléoniennes.
Mais ce qui m’a surtout conquise, c’est que j’avais l’impression d’être sur les côtes bretonnes, face à une mer déchaînée. Je pouvais même sentir les embruns ! Les falaises, les tempêtes, les légendes bretonnes, les spectres, et cette sensation permanente que je vais apercevoir les Korrigans du coin de l’œil à tout moment ! Tout contribue à rendre l’immersion particulièrement forte.
Puis, il y a Jeanne, qui est loin d’être une héroïne parfaite : elle est impulsive, blessée, parfois violente, mais profondément attachante. Son parcours est aussi celui d’une jeune femme qui doit apprendre à comprendre son pouvoir, ses choix et les conséquences de ses actes.
Enfin, il y a James, un anglais tête à claques, que j’ai aimé dès sa rencontre. Leur relation est probablement l’un des aspects que j’ai préférés. Entre eux, rien n’est simple : il y a la méfiance, la culpabilité, la colère, mais aussi une attirance qui s’installe peu à peu. Cette dynamique donne lieu à de très beaux moments et apporte une vraie intensité émotionnelle au récit.
J’ai également été séduite par l’atmosphère.
J’ai refermé ce livre avec cette sensation rare d’avoir véritablement voyagé : en Bretagne, dans les embruns, au cœur des légendes, que je n’avais pas envie de quitter…



Laisser un commentaire