Hamnet, de Chloé Zhao

Angleterre, 1580. Un professeur de latin fauché, fait la connaissance d’Agnes, jeune femme à l’esprit libre. Fascinés l’un par l’autre, ils entament une liaison fougueuse avant de se marier et d’avoir trois enfants. Tandis que Will tente sa chance comme dramaturge à Londres, Agnes assume seule les tâches domestiques. Lorsqu’un drame se produit, le couple, autrefois profondément uni, vacille. Mais c’est de leur épreuve commune que naîtra l’inspiration d’un chef d’oeuvre universel.

Adapté du roman de Maggie O’Farrell, le film nous emmène dans l’Angleterre élisabéthaine, sur les traces d’Agnes et de Will, un jeune couple dont l’histoire d’amour va être bouleversée par une tragédie familiale. Derrière le nom de Shakespeare, c’est surtout l’histoire d’une femme, d’une mère, d’un couple et d’un deuil que Chloé Zhao choisit de raconter. Ici, Shakespeare tient un rôle secondaire, c’est sa femme Agnes, qui tient le rôle principal et qui crève l’écran !

C’est un film qui fait mal, à éviter pour les hypersensibles, car la douleur d’Agnes vous transperce de part en part sans ménagement. Je le conseillerais à ceux qui aiment les histoires d’amour profondes, les films qui prennent leur temps, les personnages féminins forts et les œuvres qui parlent du deuil sans chercher à lui donner une réponse facile.

Mais le véritable tour de force de Hamnet réside dans sa réflexion sur l’art. Comment continuer à vivre après une perte irréparable ? Et peut-être surtout : comment transformer une douleur que les mots semblent incapables de contenir ?

Lorsque le théâtre finit par entrer pleinement dans le récit, quelque chose se referme. Le drame intime rejoint alors la création artistique, et l’on comprend peut-être enfin pourquoi certaines histoires traversent les siècles. Et, s’il fallait retenir une seule chose de Hamnet, ce serait peut-être la performance de Jessie Buckley. Elle ne joue pas simplement la douleur : elle la traverse.

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