
Navigateur capable de diriger son voilier solaire sur les océans en suspension de la Nuée, Aatea n’en demeure pas moins un paria aux yeux de son peuple : né en mer, il ne possède pas le filament, cet organe symbiotique qui permet aux siens de coexister avec de gigantesques îles vivantes. Seules ses expéditions maritimes l’aident à endurer la servitude à laquelle le contraint le système des castes. Or, après une attaque de pirates qui coûte la vie à tous ses passagers, Aatea perd le droit de naviguer. Il choisit alors l’impensable : fuir la sécurité des îles, tout abandonner et suivre les traces de sa grand-mère, une exploratrice dont les récits ont bercé son enfance. Tandis qu’un froid inhabituel s’abat sur le monde, Aatea part seul sur les flots instables, déterminé à voyager plus loin que quiconque. Cependant, dans la Nuée, où tout se dévore et se déchire, de nombreux dangers guettent le navigateur ; des dangers mais aussi des rencontres, de celles qui ancrent une vie et lui donnent un sens.
Au début, j’ai eu un peu de mal à visualiser le monde très original qu’elle a imaginé, avec ses paysages et ses règles si particuliers. Mais au fil des pages, je me suis laissée emporter par cet univers fascinant. L’autrice, originaire de Nouvelle-Calédonie, s’est inspirée de ses paysages et de son environnement pour créer certains décors du roman, ce qui leur donne une atmosphère dépaysante et unique. Je me suis facilement attachée à Aatea et à sa quête d’identité, qui est à la fois émouvante et inspirante. J’ai aussi beaucoup apprécié les illustrations intérieures, magnifiques et délicates, qui m’ont aidé à mieux imaginer cet univers et ont rendu la lecture encore plus immersive.



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