Se jeter à l’eau, Gwénola Morizur et Elléa Bird

Leïla vit une vie tranquille et lisse, sans trop de mouvement, un ronron quotidien dans lequel elle se sent couler. Une vie qu’elle a l’impression d’avoir choisie mais qui semble l’étouffer sans qu’elle sache vraiment pourquoi. Mais peu à peu, c’est une succession de rencontres, de signes qui l’amènent à prendre la route, partir en Bretagne sur les traces de sa vie, de ses envies et de son histoire, pour enfin trouver les ressources de bâtir le futur qu’elle désire vraiment : tourné vers le monde, la mer et les baleines…

Cette lecture résonne particulièrement aujourd’hui, alors que l’ONG Sea Shepherd fait de nouveau parler d’elle après une collision survenue le 31 mars 2026 en Antarctique, entre un chalutier d’Aker Qrill et le navire de Paul Watson, le Bandero. Cet événement rappelle à quel point la défense des océans est une lutte concrète, risquée, menée par des femmes et des hommes qui, eux aussi, ont choisi de passer à l’action.

La bande dessinée de Gwénola Morizur ne parle pas directement de ces affrontements, mais elle en capte l’essence : ce moment où l’on cesse de rester spectateur. Elle nous interroge sans jamais juger : qu’est-ce qui nous retient ? Qu’est-ce qui, un jour, pourrait nous faire basculer ? Avec une narration fluide et une grande délicatesse, Se jeter à l’eau touche en plein cœur. Une lecture précieuse à l’heure où l’engagement écologique n’a jamais été aussi nécessaire. Il suffit juste de se souvenir et de se jeter à l’eau.

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