Tale of Tales, de Matteo Garrone

Il était une fois trois royaumes voisins où dans de merveilleux châteaux régnaient rois et reines, princes et princesses : un roi fornicateur et libertin, un autre captivé par un étrange animal, une reine obsédée par son désir d’enfant… Sorciers et fées, monstres redoutables, ogre et vieilles lavandières, saltimbanques et courtisans sont les héros de cette libre interprétation des célèbres contes de Giambattista Basile.

Adapté du recueil baroque Lo cunto de li cunti de Giambattista Basile, le film s’impose comme un conte pour adultes. Tale of Tales rappelle que les contes populaires, avant d’être destinés aux enfants, étaient des récits initiatiques imprégnés de violence et d’ambiguïté. Garrone ne cherche jamais à adoucir la noirceur. D’ailleurs, certaines scènes mettent volontairement mal à l’aise, mais toujours au service d’une réflexion sur le désir, le sacrifice et la vanité. En effet, chaque histoire explore des désirs dévorants : la maternité obsessionnelle, la quête insatiable de jeunesse, l’orgueil et la soif de pouvoir. Ces thèmes universels sont traités sans morale rassurante. Ici, les contes ne consolent pas : ils révèlent la part sombre des pulsions humaines.

Chaque plan ressemble à une peinture baroque vivante, avec les décors naturels italiens (les châteaux, falaises et forêts) et les costumes extravagants. Un vrai plaisir à regarder pour les amateurs de cinéma d’auteur audacieux et d’esthétique gothique !

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