
L’Agence Nationale de Lutte Contre l’Illettrisme (ANCLI)
L’Agence Nationale pour la Lutte Contre l’Illettrisme (ANCLI) a été créée en l’an 2000, pour remplacer le Groupe Permanent de Lutte contre l’Illettrisme. Elle a pour mission de réunir, animer, et soutenir les personnes engagées dans la lutte contre l’illettrisme. Ses objectifs sont de nommer et mesurer le problème de l’illettrisme, de permettre une plus grande prise de conscience du phénomène, d’apporter les outils nécessaires aux intervenants, et de construire des actions sur un territoire donné afin d’apporter des solutions concrètes au problème.
Elle organise des services afin de repérer et accompagner les personnes n’ayant pas acquis les compétences de base, répondre aux besoins des personnes éloignées du numérique, et former ces personnes. Basée à Lyon, elle se compose de chargés de mission en région qui mettent en œuvre et coordonnent les priorités.
En 2023, l’ANLCI a créé l’Observatoire national de l’Illettrisme et de l’Illectronisme afin de centraliser les études sur le sujet, de faire connaître les nouvelles données, de travailler sur les statistiques pour connaître les situations territoriales.
Ressources documentaires sur l’illettrisme du point de vue sociologique
Dans son ouvrage Illettrisme et rapport à l’écrit, Yvonne Johannot définit l’illettrisme davantage comme une difficulté à s’insérer au sein de la société qu’à une incapacité à lire et écrire. Elle décrit l’écriture comme la matérialisation de la pensée au sein d’un espace réel qu’est la page, rendant ainsi le discours visible et appréhendable. La lecture est un rituel dans notre culture. L’ouvrage fait un historique de la lecture au sein de l’Éducation nationale, avec un élément innovateur dans l’apprentissage de la lecture : la compréhension des textes et le développement d’une logique chez l’enfant. Les campagnes d’alphabétisation impliquent d’intégrer l’identité culturelle du peuple, l’alphabétisation est un facteur décisif qui a pour objectif de libérer les individus de l’ignorance et de l’exploitation, afin de développer la société. Elle permet en outre de s‘adapter au monde moderne. L’analphabète est défini comme la personne qui n’a jamais bénéficié d’enseignement, l’illettré est défini comme une personne ayant oublié sa connaissance de la lecture et de l’écriture faute de pratique. L’association ATD Quart-monde dénonce l’illettrisme comme un vecteur de marginalité sociale. Elle met en lien l’illettrisme et la grande pauvreté qui génèrent chacun le phénomène d’exclusion sociale.
Gisèle Gelbert est neurologue. Dans son livre Lire, c’est aussi écrire, elle analyse l’illettrisme et l’analphabétisme chez l’adulte comme une carence sociale, et de difficultés remontant à l’enfance. L’enfant en situation pathologique accumule des retards de paroles, de langage, de la dyslexie, qui aboutissent à des troubles sévères du langage. Le langage humain se manifeste par la parole, la lecture, et l’écriture. Dans son livre, elle met en avant des exemples concrets de personnes en situation d’illettrisme, qu’elle a elle-même rencontrées lors de ses séances médicales, explique les difficultés de ces personnes, qui peuvent être dues à des antécédents médicaux, ou à un environnement familial et socio-culturel défavorable. Le livre est illustré d’exercices d’écriture permettant au lecteur de constater le niveau réel que peuvent avoir des personnes en situation d’illettrisme.
Dans le livre Des petites victoires sur l’illettrisme : portraits en bibliothèques publiques, Claudie Talbet va à la rencontre de personnes qui ont réussi à se sortir de l’illettrisme, malgré des difficultés énormes, des peurs à l’idée même de lire, et l’impossibilité d’aider leurs propres enfants dans leur scolarité. À travers ces portraits, l’auteur nous fait ressentir l’angoisse des personnes, mais aussi, leur envie de s’en sortir, et la satisfaction incroyable qu’elles ressentent lorsqu’enfin, elles ont terrassé l’illettrisme.
Dans le document Illettrisme et monde du travail, Véronique Esperandieu constate que les personnes qui ne maîtrisent pas les savoirs de base dans le milieu du travail éprouvent une certaine honte à parler de leurs difficultés et cherchent de ce fait à contourner l’écrit et à réaliser leur travail par d’autres biais. L’autrice fait un historique de l’analphabétisme et de l’illettrisme depuis la fin des années 1960 jusqu’à la fin des années 1990. Le problème réside dans la formation des individus aux nouveaux métiers, qui excluent les personnes illettrées et analphabètes du fait de leur incapacité à lire et à écrire. Le recours à l’écrit est devenu un critère de sélection lors de l’embauche, quand bien même les métiers exercés ne requièrent que des aptitudes physiques. Ce document regroupe plusieurs études autour de l’illettrisme et évoque notamment les documents-types à lire fréquemment sur le lieu de travail, mais aussi les aptitudes au langage (communication orale, écriture, lecture), le besoin de formation des employés en situation d’illettrisme, ne serait-ce que pour comprendre des consignes de travail, et les enjeux notamment financiers du non-traitement de l’illettrisme dans le monde du travail. La lutte contre l’illettrisme est donc un enjeu économique indispensable pour les entreprises.
Véronique Espérandieu et Jean Vogler font un état des lieux de la situation dans leur ouvrage L’illettrisme. Ils commencent par évoquer les origines de l’illettrisme, en rappelant les origines de l’écriture, puis les pratiques de lecture qui se développent à partir du XVIIIè siècle dans les villes. C’est lors de la Troisième République, en 1875 que des lois scolaires sont proclamées, pour adapter les personnes vivant dans les campagnes aux progrès industriels. L’alphabétisation est avant tout un moyen pour les gens de s’élever dans la société. L’alerte est lancée par les caisses d’allocations familiales, des foyers d’hébergement, des associations d’éducation populaires, des universités du Troisième âge. Néanmoins, c’est dans les années 1980 qu’a lieu une réelle prise de conscience avec des rapports écrits par divers organismes : l’UNESCO, la Mission pauvreté lancée par Pierre Bérégovoy, alors Ministre des Affaires sociales et de la Solidarité nationale, qui crée le Groupe Permanent de Lutte contre l’Illettrisme (GPLI). Les auteurs évoquent les difficultés des personnes victimes de l’illettrisme, qui sont confrontées quotidiennement à l’écrit, dans la recherche d’emploi, ou au sein même des entreprises. Ils aboutissent à cinq enjeux de la lutte contre l’illettrisme : la transformation de la société par l’alphabétisation de ses citoyens, la justice sociale par le respect et la mise en œuvre de l’égalité des droits, la cohésion sociale qui vise à lutter contre la marginalisation de certains individus dans la société, la formation continue qui permet à chacun de s’adapter aux changements de la société, et la productivité économique engendrée par la qualification des employés.
En 2023, Hugues Lenoir écrit l’ouvrage L’illettrisme : sociologie et pédagogie, dans lequel il fait le triste constat que pratiquement un siècle et demi après les lois Ferry de 1881 et 1882 visant à rendre l’enseignement primaire gratuit, laïque, et obligatoire pour tous les enfants âgés de 6 à 13 ans, l’illettrisme est toujours un sujet d’actualité. Le fait de ne pas maîtriser l’écrit est vécu comme anormal, et engendre une perte de confiance en soi. En 1984, le rapport intitulé « Des illettrés en France » permet de constater que malgré la scolarisation obligatoire, de nombreuses personnes quittent encore le système scolaire sans maîtriser les codes de l’écrit. Les personnes en situation d’illettrisme ne sont pas en capacité de s’adapter aux évolutions de la société et du travail, ce qui complique leurs possibilités de trouver un emploi. De nouvelles formes d’illettrisme apparaissent liées aux nouvelles technologies, on parle alors d’illectronisme, une réalité de masse, un facteur d’exclusion qui interroge l’organisation du travail. L’illettrisme reste un phénomène difficile à quantifier car les statistiques se basent sur la tranche d’âge de 18 à 65 ans, les seniors sont donc une population sur laquelle il n’existe pas d’étude. Néanmoins, l’auteur cherche des solutions, et aborde la validation des acquis de l’expérience (VAE) qui a permis aux personnes illettrées d’acquérir une reconnaissance sociale et professionnelle, mais aussi la pédagogie à mener auprès des personnes illettrées, comme la pédagogie active, c’est-à-dire, l’idée que l’apprenant doit aller chercher lui-même le savoir, tout en étant accompagné du formateur. Il rappelle que la maîtrise des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) est une compétence permettant de lutter contre l’exclusion sociale, le traitement de texte et l’utilisation de l’imprimante étant des outils permettant de modifier positivement le rapport à l’écrit des apprenants. Enfin, l’ouvrage aborde le sujet de la formation des formateurs, choisis généralement selon leurs connaissances dans le domaine d’intervention, mais aussi, selon leurs capacités pédagogiques à transmettre des savoirs et du savoir-faire.
Dans son livre L’illettrisme : mieux comprendre pour mieux agir, Marie-Thérèse Geffroy met en avant l’erreur d’avoir considéré que l’école obligatoire mettrait un terme au problème de l’illettrisme. Elle rappelle que le rapport de 1984 « Des illettrés en France », demandé par le premier ministre Pierre Mauroy a permis une prise de conscience dans le pays vis-à-vis de la situation réelle de l’état de l’illettrisme. L’illettrisme s’oppose à l’analphabétisme dans la mesure où une personne illettrée a été scolarisée en langue française contrairement aux personnes analphabètes, qui n’ont jamais été scolarisées. Les Ministères de l’Éducation Nationale et de la Défense ont créé des tests permettant d’évaluer le taux d’illettrisme en France qui permettent de mettre en place des dispositifs d’accompagnement personnalisé comme « Savoirs pour réussir » (2003). Les linguistes et psychologues s’accordent sur le fait que la lecture dès le plus jeune âge est essentielle et les associations telles que ACCES se rendent dans les lieux de la petite enfance afin d’intégrer les parents aux lectures pour enfants. Des activités culturelles et sociales sont mises en place par des associations afin de créer un tremplin vers des activités de lecture ; dès 1998, l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris met en place des mises à niveaux en français et mathématiques afin de permettre à leurs agents d’entrer dans des formations qualifiantes. L’outil informatique permet de réapprendre les savoirs de base tout en dédramatisant les situations d’échecs scolaires passées.
Dans Lire, écrire et être libre : de l’alphabétisation à la démocratie, José Morais définit l’alphabétisation comme la capacité à comprendre que l’alphabet représente des ensembles de phonèmes qui structurent les sons dans la parole. Il constate que le code orthographique affecte l’écriture, mais pas la lecture. Les personnes illettrées naissent avec le même potentiel cognitif que les personnes lettrées, c’est donc le milieu socioculturel dans lequel évolue l’enfant qui est un facteur prédéterminant dans sa future capacité à lire et à écrire. La lecture partagée, comme le livre que vont lire les parents à leur enfant avant de dormir, permet de développer ses capacités linguistiques et narratives. Ainsi, l’environnement familial et la volonté des parents à partager les lectures avec les enfants dès le plus jeune âge, soit, avec leurs bébés, sont des facteurs déterminants pour le développement du langage et la capacité à apprendre tout au long de la vie.
Méthodes d’apprentissage de la lecture et de l’écriture à l’âge adulte à l’Odyssée
Dans Les savoirs de base : pratiques de formateurs, lutte contre l’illettrisme, alphabétisation, apprentissage du français langue étrangère, les auteurs Serge Fournet et Gilles Méchin convient des animateurs d’ateliers de lutte contre l’illettrisme afin qu’ils mettent en commun leurs pratiques et exposent leurs points de vue sur les situations d’apprentissage qu’ils ont pu rencontrer. Ils évoquent leurs manières de procéder pour enseigner les sons, les outils qu’ils utilisent au sein de leurs ateliers, la place du jeu dans l’apprentissage, le travail sur la consigne, développer la motivation des apprenants. Certaines pratiques sont analysées et critiquées afin de constater les aspects positifs et négatifs suite aux réactions des apprenants. Les auteurs proposent des pistes pour développer diverses compétences comme la perception, la méthodologie, la cognition, l’intériorisation, la mémorisation des informations. Enfin, ils proposent des fiches-types d’atelier développant les objectifs, le public, le contexte, le déroulement point par point. Chaque fiche est commentée afin de savoir à peu près de quelle manière elle va être utilisée concrètement. Enfin, le document se termine par un lexique reprenant les diverses notions évoquées.
Apprendre pour s’envoler est une méthode progressive de lecture et d’écriture pour adultes de Nicole Anne Parfait et Isabelle Facelina Chaumet. Ce livre permet aux apprenants de se réapproprier les compétences de base afin de développer une autonomie au sein de leur vie familiale, professionnelle et citoyenne. Il se divise en cinq parties qui leur apprend les lettres de l’alphabet, les outils simplifiés de la phrase : (le genre et le nombre des noms, la phrase affirmative et la phrase négative, la ponctuation, les prépositions), les chiffres et les nombres, des fiches pratiques de la vie courante (la fiche d’identité personnelle, les principaux moyens de paiement, le repérage dans le temps et l’espace). Enfin, une partie propose des activités ludiques autour des chiffres et des couleurs, et le dernier chapitre est un abécédaire.
Alpha Voyelles et Consonnes sont deux ouvrages conçus par Germaine Mercadié et Valérie Vermurie aux éditions « Le Français pour adulte ». Ces cahiers d’exercices abordent indépendamment les voyelles et les consonnes dans des contextes de la vie quotidienne. Ils permettent d’acquérir les bases du graphisme et des sons de l’écriture.
Alphabétisation pour adultes : lire et écrire, de Béatrice Anger, Jean-Pierre Floquet, et Jean Grigorieff, est une méthode syllabique destinée aux non lecteurs pour parvenir à déchiffrer l’écrit et être capables de repérer les majuscules, minuscules, cursives, et scriptes.
Trait d’union, de Sophie Etienne, est une méthode d’apprentissage de l’écriture pour adultes divisée en plusieurs modules qui permettent à l’apprenant de savoir à quelles occasions il aura besoin de l’écrit, de reconnaître des logos très connus, d’être capables de reproduire des mouvements et des signes, de gérer l’espace et de travailler l’ordre alphabétique, de s’exprimer brièvement à l’écrit, et d’aborder l’écriture sur ordinateur, donc, être capable de se repérer sur un clavier.
Je lis, j’écris le français, de Marie Barthe et Bernadette Chovelon, s’adresse à un public non francophone qui n’a pas été scolarisé dans son pays d’origine. Cette méthode se compose en 22 unités comportant cinq étapes pédagogiques : l’étude orale et écrite des lettres et des sons, une boîte à outils présentant les mots de liaison, les premières difficultés orthographiques, et les bases du vocabulaire et de la grammaire, des textes qui visent à l’apprentissage et la compréhension de la lecture, des exercices et des dictées préparées. Cette méthode a pour objectif de permettre de comprendre un texte simple, de connaître les structures des phrases affirmatives, négatives, interrogatives, et exclamatives, et d’acquérir les premières notions de grammaire.
Ma clé Alpha, de Marion Aguilar, est une méthode d’alphabétisation pour adultes pour grands débutants. Ce livre propose de nombreux exercices de lecture autour de thèmes de la vie quotidienne.
Découvrir la littérature française
La médiathèque propose des romans classiques à destination du public débutant en lecture, francophone et non francophone. Ces ouvrages sont édités chez CLE International, dans la collection « Lectures CLE en français facile ». Ils ont été simplifiés, et la collection se divise en quatre niveaux de lecture :
Ces romans simplifiés sont l’opportunité pour les débutants en lecture qui sont néanmoins capables de lire des textes littéraires, de découvrir la littérature classique française.
le niveau 1 : repérable au contour jaune de la couverture, il vise des romans simplifiés de 600 mots
le niveau 2 : repérable au contour bleu, avec 1100 mots
le niveau 3 : repérable au contour vert, avec 1300 mots



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