Kaamelott : premier volet, d’Alexandre Astier

Le tyrannique Lancelot-du-Lac et ses mercenaires saxons font régner la terreur sur le royaume de Logres. Les Dieux, insultés par cette cruelle dictature, provoquent le retour d’Arthur Pendragon et l’avènement de la résistance. Arthur parviendra-t-il à fédérer les clans rebelles, renverser son rival, reprendre Kaamelott et restaurer la paix sur l’île de Bretagne ?

Le paysage culturel français est pétri d’œuvres influentes qui dessinent une vaste fresque reconnaissable par pratiquement tout le monde. La comédie y a bien entendu une place de choix, et il est même possible de cibler les goûts de quelqu’un suivant qu’on vous dise « Je ne crois pas qu’il y ait de bonne ou de mauvaise situation », « C’est le Nôôôrd » ou même « Y’a pas que d’la pomme ! ».
Kaamelott fait presque figure de porte-étendard au milieu de tout ça, ses citations ponctuant les conversations depuis plus de 20 ans. Pourtant, l’intégralité de la série n’a été diffusée qu’en moins de 5 ans ! Devant un tel succès, un tel impact, les spectateurs étaient en droit de s’attendre à découvrir de nouvelles aventures de cet improbable Roi Arthur (autrement qu’en roman ou bande-dessinée). 15 ans plus tard c’est finalement chose faite.

Il va sans dire que ce long-métrage porte un héritage titanesque, et bien que le succès fut au rendez-vous, les critiques s’écartèlent logiquement entre ceux qui crient au génie et ceux qui le considère comme la pire œuvre du monde. Au milieu de tout cela, j’aimerais exprimer un avis s’affranchissant d’un ressenti tranché.
Dans les faits, j’ai adoré ce film, mais beaucoup des ressentis négatifs sont tout à fait recevables. L’histoire est prenante, les décors et costumes sont magnifiques, les dialogues incisifs, les acteurs passionnés. Pour une œuvre si longue (près de 2 heures), je n’ai simplement pas vu le temps passer, surpris même lorsque la fin s’est amorcée. On se prend rapidement à cette histoire mêlant magie, politique et légendes, le tout dans un rendu qui ne cherche pas la fidélité de mythes centenaires, mais surtout de son propre récit. Les dialogues, force de la série, se transposent naturellement au nouveau format et la réalisation, bien que pas parfaite, est très maîtrisée.
Ceci dit, il existe bien des problèmes. Mon principal reproche est le rythme : souvent trop rapide, il ne laisse pas à l’humour le temps de faire son effet et aux (nombreux) personnages de montrer leur étendue. Les scènes s’enchaînent parfois un peu vite, forçant une petite gymnastique mentale pour parvenir à suivre les différents arcs narratifs sans se retrouver enliser.

Au final, il était impossible de contenter tout le monde. Les puristes des premières saisons qui sont tombés amoureux de l’humour caractéristique du travail d’Astier, les fans des dernières saisons sous le charme de la force dramatique de ce même auteur, ceux qui attendaient une réécriture solide des mythes arthuriens, ceux qui souhaitaient une saga fantasy française au rayonnement international. Alexandre Astier a fait un film, franchement, c’est déjà bien. Et comme dirait l’autre, « Alea jacta est », c’est pas forcément dans le sujet, mais ça finalise rondement le turbin.

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