Joker : Folie à deux, de Todd Phillips

Trois ans après ses crimes sous les traits de Joker, Arthur Fleck est désormais interné à l’hôpital psychiatrique Arkham de Gotham City, déchiré entre ses deux identités, en attendant son procès. Lee Quinzel, également présente dans l’établissement, se montre fascinée par lui. Les deux se rapprochent alors dans leur folie commune au travers de la musique tandis que les nombreux partisans de Joker affichent leur soutien pour qu’il soit libéré.

Fut un temps, la mode des vampires battait son plein. Puis, les hordes de zombies les ont remplacés. Aujourd’hui, la mode est aux super-héros. S’il est toujours possible de réécrire le mythe du suceur de sang ou l’impact d’une apocalypse de morts-vivants, force est de constater que le sujet des vaillants combattants sauvant la veuf et l’orphelin fait partie d’un spectre beaucoup plus large. Jeunes adolescents entrant à l’âge adulte (Spider-Man), la place du choix personnel lorsque l’on possède une influence mondiale (Watchmen, Avengers), la haine de l’inconnu (X-Men), mais aussi un genre que l’on pourrait appeler « et si les héros étaient au final très humains ? » porté principalement par la franchise The Boys.

Les films récents estampillés Joker font figure un peu à part dans tous ces genres, et cela vient majoritairement de son personnage éponyme. Antagoniste emblématique de Batman, figure incroyablement populaire dont les traits si caractéristiques mettent en exergue ce qui est sans doute l’une des raisons de son succès : le Joker n’est personne, ou n’importe qui. Les œuvres traçant ses origines, réécrivant son apparition ou théorisant les événements l’ayant menés à la folie sont légions et, contrairement aux autres créations similaires pour d’autres personnages, renforcent son statut de personnage fracturé, aux facettes aussi multiples que le nombre d’auteurs s’appropriant son histoire. Chaque Joker est le Joker. Qu’importe que l’un soit un monstre, l’autre un gangster, le dernier un ex-soldat anarchiste.

Le film Joker de 2019 était l’une de ces nouvelles incarnations, et une superbe réussite par ailleurs. Personnage très humain aux difficultés très réelles, montée en influence compréhensible et une bande-son à faire valser le mobilier, il n’y avait aucun doute qu’une suite verrait le jour. Cette suite, nommée Folie à deux, était grandement attendue mais n’a malheureusement pas autant convaincu le public. La faute, pour beaucoup, au fait que ce soit une comédie musicale, mais je pense personnellement que les attentes étaient trop grandes.
Pourtant, si vous avez sincèrement aimé le premier, cette suite devrait vous plaire. Le charismatique Joaquin Phoenix incarne toujours aussi magnifiquement Arthur Fleck, le film se déroule pratiquement en huis clos et on se demande très vite si notre antihéros parviendra finalement à se libérer, à la fois de lui-même et de ses murs, ou s’il disparaîtra dans une boule de feu flamboyante. Les musiques ne seront peut-être pas au goût de tout le monde, mais elles restent passionnantes à analyser dans le cadre du récit, tandis que la bande sonore est encore une fois de grande qualité. L’analyse, d’ailleurs, est l’un des points fort du film. Les détails dans les journaux, la retranscription avec notre propre réalité, placer ce Joker dans le mythe du personnage, le recoller avec Batman… En bref, ce n’était peut-être pas la suite espérée, mais c’est clairement la suite qu’il devait y avoir. Foncez !

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