
Tandis qu’elle ne reconnait plus son corps, Marketa se sent perdre pied face à ce bébé si vulnérable dont elle a désormais la responsabilité.
Réussira-t-elle à se sentir mère ? A aimer son bébé ? A cesser de penser qu’une remplaçante ferait mieux qu’elle ?
Bande-dessinée parlant du post-partum, d’une infinie douceur malgré la dureté du thème abordé, merci aux dessins de Mathou, réconfortants. De la difficulté de se sentir mère (et non ce n’est pas inné !), de celle parfois plus dure de se rendre compte que nous ne sommes plus réduites qu’à ce statut. C’est une lecture très difficile pour la jeune maman que je suis, je me suis retrouvée dans presque chaque situation. Mais c’est en même temps salutaire de se rendre compte que l’on est pas seule à ressentir ce décalage si intense entre notre vécu de la maternité et la vision fantasmée que la société nous renvoie de LA maternité.
L’histoire montre très bien cette volonté d’être une mère et une conjointe parfaite, et la culpabilité qui nous ronge de ne pas y arriver (mais qui y arrive ?). Le poids des mots des autres personnes également, qui nous touche encore plus qu’avant, nous, plus vulnérables que jamais. Finalement, le temps et l’amour sont nos remèdes, mais il faut souligner aussi que, parfois, nous avons besoin de plus, et que c’est normal. Ne pas minimiser son état. Ne pas hésiter à demander de l’aide. « Chaque année en France, plus de 85 000 femmes traversent une difficulté maternelle majeure, qui nécessite un suivi psychologique – de quelques semaines à plusieurs mois. Une femme sur dix est concernée. C’est donc une question de santé publique ».
J’ai lu une critique féminine qui expliquait ne pas avoir aimé la lecture, trouvant cela trop négatif et ne se reconnaissant pas dans cet état de post-partum. Cela montre à quel point ce sujet peut différer et heurter inégalement d’une mère à une autre.
Je pense pourtant que cette bande-dessinée devrait être mise entre toutes les mains, femmes comme hommes, parents comme non parents, pour découvrir, comprendre, alerter, déculpabiliser.



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