Histoire d’une domestication, Camila Sosa Villada

« Une comédienne, on ne cherche pas à savoir qui elle est. Une comédienne, on l’invente. Une comédienne est un rêve. » La comédienne de ce roman, l’actrice trans la plus connue du monde, peut vivre toutes les vies sur scène mais se sent acculée par un nouvel événement dans son quotidien : elle a décidé, contre tout bon sens, de fonder une famille.
Contre l’avis de tout le monde aussi, elle décide de monter une pièce de Jean Cocteau, « pourquoi pas quelque chose de moins français, de moins tordu ? », et de tenter, en plus, un retour périlleux au village natal pour voir ses parents… Toutes les conditions sont réunies pour raconter une histoire d’amours, des amours violentes, déchirantes, mais aussi mémorables et tendres.

Je ne m’étais presque pas renseignée sur ce roman avant de me lancer dedans, et il a été une découverte très intéressante.

La narration nous fait alterner entre le présent et le passé, et l’on apprend comment cette femme s’est construite et d’où vient son caractère bien trempé. On découvre aussi ce que, en tant que femme transgenre, elle a enduré dans sa jeunesse pour finalement devenir une des comédiennes les plus célèbres de son pays. 

Le style est assez cru. Je n’en ai pas trop l’habitude dans mes lectures, mais j’ai bien accroché. Cette crudité colle parfaitement à la vie et aux péripéties vécues par les personnages principaux, tous et toutes en dehors des normes.

J’apprécie tout particulièrement que l’histoire de cette femme soit racontée par une autrice elle-même transgenre, nous donnant ainsi accès à un point de vue situé. 


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