
À Lorain, dans l’Ohio des années 40, deux fillettes noires, grandissent côte à côte. La première déteste les poupées blondes. L’autre idolâtre Shirley Temple et rêve d’avoir les yeux bleus. Mais face à la réalité féroce d’une Amérique Blanche, le rêve de beauté d’une petite fille est un leurre qui ne cède le pas qu’à la folie.
Je n’avais encore jamais rien lu de Toni Morrison, et je suis contente d’avoir commencé par son 1er roman. C’est une excellente entrée en matière dans laquelle on retrouve tous les thèmes de son œuvre de grande envergure telles que la condition des personnes noires, l’enfance ou encore la servitude des femmes…
J’ai bien accroché à ce récit en « patchwork » : on est progressivement mis au courant des événements formateurs de l’existence de chacun des personnages, ce qui nous permet de mieux comprendre ce qui se joue en eux et d’éprouver de l’empathie (ou pas… ou vraiment pas même) .
Le style ultra réaliste, mais aussi poétique de l’autrice est extrêmement percutant. Publié pour la 1ère fois en 1970, cette lecture me semble toujours aussi importante et m’a beaucoup marqué, j’y pense très souvent, et j’envisage de lire d’autres livres de Morrison pour retrouver son style.
Une lecture difficile dans les sujets abordés, mais ô combien pertinente dans ce qu’elle dit de la société étasunienne et de la condition des afro-américains.



Laisser un commentaire