
Dans le Paris de l’après-Guerre (la seconde), une petite fille assiste aux réunions du « gynécée » familial au lieu d’aller à l’école. Chance ? Je ne pense pas. Ces réunions, comme autant de tragédies à mots couverts et double sens, vont l’amener à se poser beaucoup de questions. Chacune y joue un rôle (la mère, la grand-mère, la tante, la nièce) et l’étoile au centre, Lucie, (la mère) mène tout ce petit monde à la baguette.
La petite fille finira par capter des bribes, qui recoupées à d’autres indices, mettront à jour l’histoire de la famille, celle liée à la collaboration.
Cécile Desprairies signe ici son premier roman mais elle n’en est pas à ses débuts dans l’écriture. Il est vrai que d’habitude, c’est en tant qu’historienne de l’Occupation en France qu’elle écrit.
Ce roman est… dérangeant. Glaçant. Et pourtant, très instructif. On suit le cheminement d’un mode de pensées, d’une époque, d’une famille mais aussi la tragédie du personnage principal : Lucie. La perte d’un grand amour est difficile à vivre pour le commun des mortels mais cette perte, doublée du désespoir de ne pas voir advenir son idéal de vie (politique s’entend), est terrible. Alors, chacun dans ses petits mensonges s’arrange comme il peut pour continuer son bonhomme de chemin. Quitte à faire comme si et à perturber la génération suivante.



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