
En l’an 2022, à New York, on ne subsiste que grâce aux nourritures synthétiques fabriquées par le consortium Soylent. Le détective Thorn, qui partage un appartement avec un vieillard, Sol Roth, enquête sur la mort de Simonson, un dirigeant de Soylent. Tandis que Roth choisit de mourir dans un environnement évoquant la Terre d’autrefois, Thorn découvre l’horrible vérité…
Grand prix d’Avoriaz en 1974.
Grosse production de science-fiction au charme rétro et aux effets spéciaux composés, « SOLEIL VERT », même si les Cassandre l’annoncent à grand fracas, est un film angoissant qui ne peut que se bonifier au fil du temps alors que notre situation sur Terre dégènère et qu’un processus irréversible est déclenché dans les rebours fatals.
Quel film peut-il évoquer à la fois les espèces animales en extinction, un climat surchauffé, la surpopulation, la nourriture de synthèse, l’euthanasie, l’inflation, le rationnement de l’eau potable ? Tous ces thèmes nourris par une actualité brûlante ont été évoqué dans ce film d’anticipation sorti en 1973, il y a maintenant presque 50 ans !
A New York, en 2022, règne en permanence une température de 33 degrés, la plupart des new yorkais vivent dans des taudis à ciel ouvert et tous se nourrissent de « Soylent Green » unique nourriture en tablette distribuée sous forme de plancton.
En 1973, un début de conscience écologique pointait du doigt les effets du comportement humain et des ravages de la Révolution Industrielle. Même si la forme a vieilli, l’impact de « Soylent Green » sera toujours aussi efficace surtout sur les jeunes générations plus sensibles aux ravages du temps. Richard Fleischer apporte au roman qui l’a inspiré (« Place ! Faites place ! ») une dimension politique. La nourriture à base de plancton que l’on distribue gratuitement (de « Soy », soja et « lent », lentille), cache un secret terrifiant.
Comment a-t-on fait pour en arriver là ?
L’angoisse de la mort fait partie de nos gènes. Arrivé à un certain âge, la peur de ne plus goûter aux mille et un charmes qui font la beauté d’une vie s’installe, ainsi de cultiver des remords dans un jardin étiolé par le soleil qui surchauffe les esprits. On comprendra que dans un contexte où l’être humain n’a plus sa place, l’idée de mort soit partout présente du début à la fin du film (du crime résolu à la longue scène de l’endormissement de Sol).
Edward G. Robinson incarne un vieux bibliothécaire juif nostalgique du bon vieux temps. Ecoutons le ! « Quand j’étais gosse, la nourriture, c’était de la bouffe ! Là-dessus, nos magiciens de la science ont empoisonné l’eau, pollué le sol, détruit les plantes et la vie animale ».
« Est-ce que quelqu’un peut vivre dans un climat comme celui-là ? La canicule d’un bout à l’année à l’autre, on se croirait dans un four, on crève à force de transpirer…. ».
La performance du seul personnage véritablement « humain » du film apporte une note d’espoir et l’intensité dramatique du film accable notre immobilisme et notre passivité. Le voir cuisiner un ragoût à son ami enquêteur, qui ignore tout des saveurs culinaires, est une séquence réjouissante.
Sol sera l’acteur d’une des scènes magistrales que nous réserve de temps en temps le cinéma hollywoodien, lorsqu’il décide de se rendre au « foyer », une maison spécialisée dans l’euthanasie organisée. Son acceptation de la mort résonne curieusement comme une ode à la vie, de cette mort qui enlasse ce vieillard avec douceur. Enfin, le soleil finit par se coucher.
Edward G. Robinson quittera ce monde quelques semaines après la fin du tournage.
Comme le disait Eminescu : « La vie est un bien perdu pour celui qui ne l’a pas vécu comme il l’aurait voulu ».
Ce soleil là n’a pas finit de nous rafraîchir les idées !



Laisser un commentaire