
Ce roman graphique est une tranche de vie douce-amère, pop et très « nouvelle vague ». Mirion Malle nous entraîne au plus près des personnages et de leurs émotions, au plus près aussi du mal-être et de la dépression vécue par l’héroïne, Clara, dans laquelle nombre de jeunes adultes se reconnaîtront. Beaucoup de sujets graves, tels que les violences sexuelles, la santé mentale, la dépression sont abordés avec beaucoup de sensibilité et de pudeur. On y retrouve par ailleurs l’univers et les thèmes de prédilection de son autrice (le féminisme, la sororité, le soutien, l’écoute, le karaoké, les chansons des années 2000, la communication et les réseaux sociaux) et l’on y découvre la vie à Montréal (et le parler québécois qui va avec !).
Mirion Malle retranscrit avec beaucoup de justesse – et sans basculer dans le pathos – l’impact de la dépression sur le quotidien des personnes qui en sont atteintes : le sentiment de solitude extrême qui en découle, l’isolement que l’on provoque involontairement, l’épuisement moral et physique, l’impression d’être vide, et que cela ne s’arrêtera jamais… Mais aussi la peur d’être confronté à l’incompréhension de ses proches. On éprouve rapidement de l’empathie pour Clara qui se débat contre son cerveau qui ne la laisse pas tranquille.
Ce roman graphique est l’une des meilleures représentation de la dépression que j’ai pu découvrir dans une œuvre de fiction. Il permet de bien comprendre le comportement des personnes dépressives, et surtout en quoi être bien entouré est primordial pour s’en sortir. On termine cette lecture soulagé et remplit d’espoir.



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