
Cet album des Rolling Stones a été souvent décrié par la critique et certains membres des Stones eux-mêmes, comme une tentative pathétique de rejoindre le courant psychédélique en vogue en cette année 1967, juste après l’émergence du Pink Floyd et la sortie mondiale du Sergent Peppers des Beatles. Mais n’écoutez pas les grincheux car justement, ce mariage improbable du rock âpre des Stones avec la pop expérimentale du moment, cette greffe temporaire mais originale, est ce qui fait toute la saveur et le charme de cet album resté sans suite, le plus Beatles des Stones, peut être…
La preuve : « She’s a rainbow », merveilleuse petite comptine psychédélique, a été reprise par plusieurs publicitaires cinquante ans plus tard et a donné lieu à un clip rétrospectif de grande qualité. Les voix des Stones sont parfois méconnaissables, mais les improvisations sont plutôt réussies et même supérieures à celles du Freak out! des Mothers of Invention dont elles s‘inspirent visiblement : écoutez « Sing this all together (See what happens) ». Et Brian Jones, qui est toujours de la partie sur cet album, l’a enrichi comme toujours de ses trouvailles sonores : sitar, mellotron, dulcimer, marimba et quelques percussions ramenées de son récent voyage au Maroc. L’album se termine par une extravagance exotique, influencée par les sons de l’Amérique latine. À redécouvrir…



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