
La série, typiquement britannique met en scène deux espions, John Steed, un agent secret accompagné d’une partenaire féminine, dont la plus connue reste Emma PEEL, interprétée par Diana RIGG, avec lequel elle forme un duo de chic et de choc. En 1968, Emma PEEL retrouve son défunt mari et passe le relais à l’espiègle et toute aussi perspicace, Tara King. Attardons- nous sur ce personnage…
Disparu en avril 2015 à un âge canonique, Patrick McNee (John Steed) représentait le dernier pavillon de la série d’inspiration policière britannique, incomparable cocktail de bizarreries et d’auto-dérision, humour anglais qui traverse toutes les époques avec un égal bonheur. Ce qui, à notre époque cynique et nihiliste, constitue un « must » et un moment de dinguerie hors pair.
A son tour, Diana Rigg (Emma Peel), nous a quitté en septembre 2020, mélange de charme, de galanterie, d’érudition et de discernement.
Reste Linda Thorson (Tara King), actrice d’origine canadienne, plus mutine et moins distinguée qu’Emma, qui reprend le rôle de l’espionne en 1968, aux côtés de John Steed. Engagée parmi une centaine de candidates, elle croise pour sa première apparition, la silhouette d’Emma dans la cage d’escalier qui mène au loft de Steed, épisode de transition très célèbre… Et la magie opère à nouveau, mais cette fois-ci, dans le « swinging London », et toujours en toute décontraction !
Pourtant, le public anglais qui essayait d’oublier Emma, se réveillait au côté de cette puncheuse, nommée agent 69, moins cultivée, mais beaucoup plus friponne et turbulente que son ainée. Elle donna au modèle de la série un nouvel élan. Et les créateurs de la série profitèrent de sa grâce et de sa plasticité pour adopter un certain baroquisme dans la mise en scène, en ajoutant aux prises de vues incongrues, une variété biscornue dans les cadrages.. C’est le temps béni où les séries anglaises commencèrent à s’auto-parodier et l’humeur de Steed devint de plus en plus flegmatique et autoréflexif. Les producteurs essayèrent de « questionner » cet amour impossible entre les deux agents pour relancer la « donne » avec succès.
Pourtant, ce n’était pas gagné. Complètement novice dans le monde du Show Business, alors qu’Hollywood commence à pâmer, l’actrice Linda Thorson gagne ses quartiers de noblesse en exécutant elle même la plupart de ses cascades et cabrioles excentriques. Elle fut particulièrement jalousée par les producteurs. Ceux-ci voulaient la teindre en blonde. Elle perdit ses cheveux et portait une perruque dans les premiers moments de la série.
Contrairement à son altière prédécesseur(se), elle n’hésite pas à prendre des vacances et à sortir le soir. Sans que Steed ou que l’adipeux et replet chef des services secrets nommé « Mère-Grand » (Mother) ne s’y opposent. Son explosivité et son discernement ne l’empêche pas d’être retenue prisonnière à de nombreuses reprises.. Heureusement, et toujours de justesse, le chapeau secret de John Steed arrive toujours à lui sauver la vie…
Heureux homme, qui possède les clefs de l’appartement de sa partenaire…
Seule vedette de la série à ne pas participer à la production d’un « James Bond », elle demeure un modèle de fraicheur et de taquinerie. Nous continuons à suivre la trace de ses bottes…jusqu’au petit matin !



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